L’addiction aux jeux en Italie fait des ravages

L’addiction aux jeux en Italie fait des ravages

Il y a peu de temps, une association regroupant différentes collectivités territoriales italiennes et baptisée « Avviso Pubblico » a présenté au Sénat les résultats d’une grande étude sur l’addiction aux jeux en Italie.

Ils sont l’occasion de constater que les Italiens dépensent beaucoup d’argent pour les jeux de hasard mais aussi, de mettre en lumière les conséquences sociales d’un tel phénomène qui fait des ravages.

Il apparaît ainsi que les choses doivent changer puisque près d’un million de joueurs sont tombés dans l’addiction aux jeux en Italie.

L'addiction aux jeux en Italie fait des ravages.

Les jeux de hasard en Italie sont un succès incontestable

L’association Avviso Pubblico a présenté devant le Sénat Italien les résultats d’une étude baptisée « Lose for Life » – en hommage au célèbre jeu de grattage « Win for Life » – et relative aux jeux de hasard en Italie.

Née des demandes de nombreuses municipalités préoccupées par les dégâts sociaux causés par les jeux de hasard, cette étude permet de poser des chiffres sur un phénomène.

Par exemple, il est possible de constater que les jeux de hasard en Italie rencontrent un franc succès. En moyenne, chaque joueur dépenserait 132 € par mois dans ces jeux et les joueurs seraient de plus en plus nombreux.

En 2017, les Italiens auraient ainsi dépensé quelques 96,1 milliards d’euros dans les jeux de hasard, soit un montant huit fois plus élevé que vingt ans plus tôt.

Difficile toutefois d’expliquer cette tendance, même si beaucoup de spécialistes s’accordent pour dire que la crise économique touchant l’Italie depuis quelques années maintenant, a probablement contribué à la dynamique des dépenses en jeux de hasard.

Une chose est en revanche certaine, les machines à sous constituent les principaux jeux de hasard en Italie puisqu’elles collectent 55% de l’argent joué.

Il faut dire que les machines à sous sont nombreuses chez nos voisins transalpins étant donné qu’on en dénombre 414 000 dans le pays soit 1 pour 151 habitants, beaucoup plus donc qu’en Allemagne par exemple où leur densité est de 1 pour 261 habitants ou qu’aux États-Unis où elle s’établit à 1 pour 372 habitants.

Jeux de hasard en Italie, des pertes financières colossales aux conséquences dévastatrices

Si les opérateurs de jeux de hasard en Italie peuvent compter sur une clientèle toujours plus large, l’étude « Lose for Life » met en lumière les pertes colossales des joueurs.

En effet, sur les 96,1 milliards d’euros dépensés dans les jeux de hasard en 2016, ce sont 20 milliards d’euros qui ont été définitivement perdus par les joueurs.

Cette perte sèche a alors rempli les caisses de l’État (à hauteur de 10,5 milliards d’euros) et des différents opérateurs du marché des jeux de hasard (à hauteur de 9 milliards d’euros pour ces derniers).

L’association Avviso Pubblico espère que l’ampleur des pertes des joueurs va faire réfléchir, d’autant qu’elles représentent tout de même 0,85% du PIB national.

L’Italie est ainsi le premier pays au monde du point de vue du rapport entre les pertes aux jeux de hasard et le PIB, ce qui est inquiétant.

Cette donnée n’est d’ailleurs pas la seule qui pose question dans cette étude qui n’hésite pas à parler d’« overdose » pour qualifier les jeux de hasard en Italie.

Elle identifie effectivement près de 1 million de joueurs compulsifs alors que 2 autres millions pourraient être sur le point de développer une addiction aux jeux d’argent. Et que dire des 24 000 Italiens qui sont d’ores et déjà soignés pour leur problème de dépendance… ?

A la vue de ces chiffres, les inquiétudes des différentes collectivités territoriales se justifient pleinement, d’autant que la ludopathie coûte déjà quelques 7 milliards d’euros annuels à l’État Italien.

Vers des réformes affectant les jeux de hasard en Italie ?

Alors que les collectivités territoriales attendent une réponse ferme de l’État quant à leurs inquiétudes, il n’est pas sûr qu’elles obtiennent les changements qui, pourtant, semblent s’imposer compte tenu de l’addiction aux jeux en Italie en croissance exponentielle.

En effet, lors des dernières années, les recettes tirées des jeux de hasard en Italie ont permis aux gouvernements, quel que soit leur bord politique, de ne pas augmenter les impôts, une mesure rarement populaire pour tous les peuples d’ailleurs.

De même, l’absence d’actions fortes pour lutter contre la dépendance aux jeux d’argent a permis d’entretenir de bonnes relations avec les quelques 5000 acteurs de l’industrie des jeux de hasard en Italie.

Employant quelques 120 000 salariés et représentant à elle seule 4% du PIB, elle a donc été protégée par l’État.

Seulement voilà, même si l’expression latine « panem and circenses » rappelle que le peuple veut « du pain et des jeux », il est probablement temps que l’État Italien prenne ses responsabilités et régule ses jeux de hasard.

Plusieurs pistes existent pour lutter contre l’addiction aux jeux en Italie parmi lesquelles, une réduction du nombre des machines à sous, une réduction du nombre des jeux autorisés, une réduction des plages horaires d’ouverture des salles de jeux ou encore, l’interdiction de ces dernières à proximité des établissements scolaires.

Pour autant, de telles mesures seraient « timides » à l’heure où c’est bel et bien une vraie réforme des jeux de hasard en Italie qui est attendue… surtout que cette dernière pourrait aussi permettre de lutter contre les organisations mafieuses qui ont toujours utilisé l’industrie des jeux pour le blanchiment d’argent.

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