Dépendance aux jeux d’argent des enfants âgés de 11 à 15 ans

Dépendance aux jeux d’argent des enfants âgés de 11 à 15 ans

Le 30 novembre dernier, la Gambling Commission, autrement dit l’autorité de régulation des jeux d’argent au Royaume-Uni, a publié les résultats très attendus d’une étude baptisée « Young people and Gambling 2016 ».

Dépendance aux jeux d'argent des enfants âgés de 11 à 15 ans.

S’intéressant au lien entre les enfants âgés de 11 à 15 ans et les machines à sous, les tickets à gratter ou encore les paris sportifs pour ne citer qu’eux, elle révèle qu’il existe bien aujourd’hui un véritable phénomène de dépendance aux jeux d’argent dès le plus jeune âge.

Les jeux d’argent plus dangereux que l’alcool et le tabac ?

Cette accroche peut prêter à sourire tant l’image des jeunes adolescents qui boivent de l’alcool ou consomment tabac voire drogues est inscrite dans la conscience collective.

Pourtant, l’étude de la Gambling Commission montre bel et bien qu’au Royaume-Uni, la dépendance aux jeux d’argent semble plus problématique encore.

En effet, selon ce rapport, ce sont 450 000 enfants et adolescents âgés de 11 à 15 ans et habitant en Angleterre et au Pays de Galles qui joueraient au moins une fois par semaine à des jeux d’argent et de hasard.

Dans cette catégorie d’âge, ce sont donc 16% des individus qui contribueraient à enrichir les opérateurs. La Gambling Commission a tenu à mettre en lien ce chiffre avec le taux de prévalence de la consommation d’alcool, de tabac et de drogues.

Or, « seulement » 5% des enfants et adolescents âgés de 11 à 15 ans ont fumé du tabac, 8% ont consommé de l’alcool et 6% de la drogue au cours de la dernière semaine.

A long terme d’ailleurs, ces trois dernières statistiques ont tendance à diminuer laissant entendre que beaucoup de jeunes ont « testé » l’alcool, la cigarette ou la drogue sans réellement valider l’expérience.

Pour ce qui est de la consommation des paris sportifs, des machines à sous ou des tickets à gratter, la donne est différente puisque le taux de prévalence stagne sur le long terme laissant apparaître de véritables risques de dépendance aux jeux d’argent.

D’ailleurs, dans ses conclusions, l’étude note qu’ «un enfant est deux fois plus susceptible de jouer à des jeux de hasard et d’argent que de consommer n’importe quelle substance ».

En revanche, « seulement » 900 enfants, soit 0,2% des jeunes joueurs, pourraient véritablement développer des comportements de dépendance aux jeux d’argent.

Vidéo: quels sont les mécanismes de la dépendance aux jeux ?

Dépendance aux jeux d’argent des mineurs : les parents responsables ?

Alors que la dernière étude de la Gambling Commission, équivalent de l’ARJEL en France, laisse très clairement apparaître des risques d’addiction aux jeux d’argent chez les plus jeunes, il semble pertinent de chercher à savoir qui sont les responsables d’une telle situation.

Pour l’autorité de régulation britannique, les parents sont les principaux responsables de l’évolution des risques de dépendance aux jeux d’argent des enfants et adolescents âgés de 11 à 15 ans.

Les adultes n’adoptent pas toujours les bons comportements vis-à-vis de leur progéniture et le message qu’ils envoient n’est pas toujours clair.

Par exemple, offrir des tickets à gratter – dont la vente est interdite aux mineurs – à un enfant pour un anniversaire doit s’accompagner de mots forts afin de prévenir tout comportement de dépendance aux jeux d’argent.

Les parents doivent expliquer leur acte et éduquer leurs bambins au caractère événementiel du jeu.

De même, alors que 6% des enfants jouent en ligne à partir du compte parental, les adultes doivent être capables de dire « non » ou faire preuve de davantage de vigilance si aucun accord n’a été préalablement donné.

Mais cela n’est pas tout… En effet, le mieux selon nous est tout simplement d’interdire des ondes télévisées et radiophoniques la publicité sur tous les jeux d’argent, et en priorité sur les médias télévisés.

Pour le cas de la France, passer des spots télévisés de la FDJ, du PMU et autres opérateurs relève de l’indécence de la part de l’Etat.

De plus, ces publicités passent à des heures de grande écoute, pire encore, certaines de la FDJ ciblent carrément les très jeunes comme les jeux de grattage assimilés à des gentils personnages cartoons animés en 3D.

Sur Internet, c’est totalement différent : eh oui… il faut saisir des mots clés sur les moteurs pour jouer à des jeux d’argent, il y a donc une démarche personnelle.

Sur les médias télévisés, c’est de la publicité intrusive donc agressive, mais que voulez-vous, il faut bien boucher le trou béant du déficit Français.

La sensibilisation aux risques associés au jeu comme solution ?

Au Royaume-Uni, d’autres voix s’élèvent pour dénoncer le rôle des opérateurs et de certains magasins en dur quant au développement de la dépendance aux jeux d’argent chez les mineurs.

Les machines à sous et les machines à paris, très appréciées des plus jeunes, seraient trop accessibles dans certaines boutiques d’autant que leurs gérants laisseraient un peu trop facilement les adolescents jouer, quitte à se mettre en défaut vis-à-vis de la loi.

La Gambling Commission a tenu à préciser que des règles strictes étaient en vigueur et qu’elle sanctionnait durement les entreprises de l’industrie du jeu qui adoptaient des pratiques susceptibles de remettre en cause la protection des joueurs mineurs, ou pouvant conduire à une dépendance aux jeux d’argent.

Pour autant, l’autorité sait que des failles existent et que toutes ne sont pas simples à colmater…

Elle invite donc les parents à « sensibiliser les enfants aux risques associés au jeu afin que, s’ils choisissent de jouer lorsqu’ils seront adultes, ils le fassent de manière responsable et sûre ».

En effet, ce n’est pas en interdisant l’accès aux mineurs à toutes les formes de jeux – même les grues permettant de gagner peluches, montres ou autres gadgets – que la dépendance aux jeux d’argent reculera chez les plus jeunes.

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